Revue des langues romanes, Volume 34

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Université Paul-Valéry., 1890
 

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Page 454 - Sais-tu pourquoi mes vers sont lus dans les provinces, Sont recherchés du peuple, et reçus chez les princes? Ce n'est pas que leurs sons, agréables, nombreux, Soient toujours à l'oreille également heureux; Qu'en plus d'un lieu le sens n'y gêne la mesure, Et qu'un mot quelquefois n'y brave la césure : Mais c'est qu'en eux le vrai, du mensonge vainqueur, Partout se montre aux yeux, et va saisir le cœur; Que le bien et le mal y...
Page 487 - Ce style figuré dont on fait vanité Sort du bon caractère et de la vérité ; Ce n'est que jeu de mots, qu'affectation pure, Et ce n'est point ainsi que parle la nature.
Page 464 - Tous ces gens, éperdus au seul nom de satire, * Font d'abord le procès à quiconque ose rire : Ce sont eux que l'on voit d'un discours insensé, Publier dans Paris que tout est renversé, Au moindre bruit qui court qu'un auteur les menace De jouer des bigots la trompeuse grimace.
Page 488 - Malherbe. Mais mon esprit, tremblant sur le choix de ses mots, N'en dira jamais un, s'il ne tombe à propos, Et ne saurait souffrir qu'une phrase insipide Vienne à la fin d'un vers remplir la place vide: Ainsi, recommençant un ouvrage vingt fois, Si j'écris quatre mots, j'en effacerai trois.
Page 455 - En vain mille jaloux esprits, Molière, osent avec mépris, Censurer ton plus bel ouvrage : Sa charmante naïveté S'en va pour jamais d'âge en âge Divertir la postérité.
Page 459 - Lorsque vous peignez des héros , vous faites ce que vous voulez. Ce sont des portraits à plaisir, où l'on ne cherche point de ressemblance; et vous n'avez qu'à suivre les traits d'une imagination qui se donne l'essor, et qui souvent laisse le vrai pour attraper le merveilleux. Mais lorsque vous peignez les hommes, il faut peindre d'après nature. On veut que ces portraits ressemblent; et vous n'avez rien fait, si vous n'y faites reconnaître les gens de votre siècle.
Page 482 - Faut-il d'un froid rimeur dépeindre la manie ; Mes vers, comme un torrent, coulent sur le papier : Je rencontre à la fois Perrin et Pelletier , Bonnecorse , Pradon , Colletet , ïitreville * , Et, pour un que je veux , j'en trouve plus de mille.
Page 481 - Jugez en cet état si je pouvais me plaire , Moi qui ne compte rien ni le vin ni la chère , Si l'on n'est plus au large assis en un festin , Qu'aux sermons de Cassagne...
Page 490 - Ces sortes de beautés sont de celles qu'il faut sentir, et qui ne se prouvent point. C'est ce je ne sais quoi qui nous charme, et sans lequel la beauté même n'aurait ni grâce ni beauté.
Page 443 - La Fontaine moins de Fables et plus de Contes; Molière lui-même aurait donné davantage dans les Scapins, et n'aurait peut-être pas atteint aux hauteurs sévères du Misanthrope. En un mot, chacun de ces beaux génies aurait abondé dans ses défauts. Boileau, c'est-à-dire le bon sens du poète critique, autorisé et doublé de celui d'un grand roi, les contint tous et les contraignit, par sa présence respectée, à leurs meilleures et à leurs plus graves œuvres.

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